Ouverture du GV Liban

GV Liban Team


Nous sommes le mardi 5 octobre.


Aujourd’hui a été un jour spécial pour moi, et sûrement pour toute l’équipe qui m’entoure.

Nous avons lancé officiellement le Green Village Lebanon, un projet sur lequel nous travaillons depuis des semaines pour certains, des mois pour d’autres, presque un an me concernant.

Aujourd’hui, j’ai compris une énième fois pourquoi je faisais cette mission et pourquoi à l’automne dernier, après un énième confinement et des semaines de doute, je me suis lancé dans une nouvelle année chez LP4Y.


La première de ces trois années, celle où j’ai été coach en Inde, avait été une merveilleuse expérience, où chaque journée a su m’apporter son lot de surprises, où chaque rencontre a ouvert mon esprit encore un peu plus et où chaque expérience m’a permis de devenir un être humain meilleur. J’avais envie de retrouver ces sensations indescriptibles.

Au fond de moi, j’attendais ce 5 octobre depuis le jour où j’ai posé le pied dans ce fabuleux pays qu’est le Liban.


Rien n’a été simple, depuis le début du projet.

Le Liban subit une des crises les plus graves de son histoire, si ce n’est la pire, et, depuis la révolution d’octobre 2019 (Thawra), les ennuis s’accumulent sans jamais sembler pouvoir disparaître.

Le Covid, évidemment, mais aussi la tristement célèbre explosion du port de Beirut en août 2020, ont fini de meurtrir une population déjà souffrante. Depuis des mois, les Libanais quittent leur pays à contrecœur, fuyant une situation économique catastrophique qui a vu la moitié de la population atteindre le seuil de pauvreté. La livre libanaise a perdu plus de 80 % de sa valeur, entraînant une inflation telle que la plupart des familles de classe moyenne n’ont même plus de quoi se nourrir décemment.


Dans ce contexte, j’ai pensé plusieurs fois à notre utilité dans un tel marasme. Comment réagiraient les gens autour de nous à l’idée qu’on veuille aider des centaines de Jeunes femmes à trouver un emploi, à l’heure où un tiers des jeunes diplômés est au chômage ? Que penseraient les autres quant à notre mission principale ici, alors que des familles entières n’arrivent même plus à se nourrir et cherchent à quitter le pays ? Que diraient-ils alors qu’ils n’ont ni carburant pour se déplacer, ni électricité pour vivre dignement, ni médicaments pour se soigner ? Est-ce que les familles accepteraient de laisser partir leurs filles de la maison, à l’heure où les communautés religieuses prennent de plus en plus de place dans la mosaïque libanaise ? Les premiers mois, beaucoup de locaux ont salué notre présence ici, mais nous ont aussi alertés sur la complexité de mettre en place un tel projet.


Et puis, finalement, nous nous sommes lancés, parfois sans trop savoir où aller, mais toujours avec cette seule et même idée en tête: faire de notre mieux pour rendre à ce pays qui nous offre tant.

Se battre pour construire un projet sur la durée, capable d’aider toutes ces jeunes femmes à envisager un futur chez elles, dans leur pays, pour leur pays. Se battre pour leur donner confiance en elles, leur donner l’espoir qu’un jour la situation s’améliorera, et qu’elles auront alors toutes les clés pour réussir et faire partie de cette nouvelle génération dont le Liban aura besoin pour se reconstruire.

Des semaines, des mois ont alors été nécessaires pour mettre en place ce Green Village.

Du choix du building à sa rénovation pour pouvoir accueillir 60 Jeunes en même temps, de la décision de privilégier uniquement des femmes à leur recrutement final, de l’équipement du centre à la construction de tous les meubles nécessaires à la pérennité du projet, mais aussi du développement de l’écosystème de partenaires prêts à nous accompagner tout au long de l’aventure, à la mise en place de la stratégie pédagogique dans une culture diamétralement opposée à la nôtre et celles croisées en Asie.

Tout cela a été long et éprouvant, dans un contexte global parfois critique, où les remises en question ont été nombreuses.

Alors aujourd’hui, quand les premières jeunes femmes sont descendues du bus et ont posé pied devant ce Green Village, une onde d’émotion m’a traversé. J’avais oublié à quel point ces sourires timides et ces yeux pétillants m’avaient manqué, à quel point ils donnaient de l’énergie et du courage. Et qu’il leur en a fallu du courage, pour quitter leurs familles et parfois même leurs bébés pour 3 mois, pour venir vivre dans un endroit dont elles ne connaissaient rien, avec d’autres jeunes femmes qu’elles n’avaient jamais rencontré jusqu’alors. Au fond de moi, je sais qu’elles ont fait le bon choix, qu’elles sont à l’aube d’une incroyable expérience, qui j’espère changera leurs vies et leur permettra de croire à un destin meilleur.


Pour Nagham, Shaima, Iman, Aya, Bushra, Batoul, Rayane, Marlene, Bayan, Diya, et toutes les autres qui rejoindront ce fabuleux projet.










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