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Pourquoi LP4Y ?
Urgence pour les jeunes
Jean-Marc et Laure Delaporte-Demeure
Pendant près de 25 ans en Europe nous avons créé, fédéré et dirigé un groupe de communication, production et marketing. Nous avons conseillé les dirigeants de grandes entreprises et leurs équipes au cours des événements les plus marquants de la vie de leurs organisations.
Pendant 5 ans, de 2003 à 2008, présidant l’une des principales associations d’accueil inconditionnel des grands cassés j’ai suivi le destin de la grande exclusion à Paris ; des hommes, des femmes et beaucoup de jeunes, à la rue depuis trop longtemps. Et puis, la mobilisation d’autres jeunes autour des SDF avec le premier campement du canal Saint-Martin qui révèlera que 500.000 personnes en France dorment encore dans la rue aujourd’hui. L’afflux d’enfants –aussi- en bande quand ils venaient de pays de l’est, souvent seuls quand ils étaient chassés de chez eux, là-bas dans un immeuble insalubre d’une banlieue de la capitale.
A Bruxelles, pendant 3 ans, nous avons réfléchis avec des groupes de jeunes dans le cadre d’un programme annuel baptisé « projets de vie ».
Puis, pendant 12 mois, de septembre 2008 à septembre 2009, en famille, nous avons été à la rencontre des jeunes de la rue, autour du monde : Rome, Athènes, Istanbul, Alep, Damas, Amman, Jérusalem, Le Caire, Louxor, New-Delhi, Bombay, Allepey, Calcutta, Bangkok, Siem Reap, Phnom Penh, Ho Chi Minh, Manille, Denpasar, Yogyakarta, Tokyo, Kyoto, Lima, Puno, La Paz, Salta, Asunción, Sao Paulo, Gaborone, Dakar, Casablanca, Rabat.
Beaucoup de désespoir dans les regards, mais de l’amitié, de l’énergie, de la force se dégageaient de chacun de nos échanges. Une intuition qui s’est peu à peu transformée en conviction : oui, les enfants de l’abandon, de l’exclusion, de la misère sont capables d’être de formidables entrepreneurs ; à condition que quelqu’un, quelque part, leur confie un sourire, un regard de confiance, une parole de réconfort, un peu d’espace.
Nous avons alors commencé à compiler les informations sur la situation des jeunes dans le monde.
Un paradoxe criant nous est apparu :
D’un coté, grâce aux efforts de nombreuses communautés, des gouvernements et organisations mondiales le nombre d’enfants scolarisés est de plus en plus important. En dépit de l’explosion démographique des dernières années, le nombre d’enfants non scolarisés a diminué, de 115 millions en 1990 à 75 millions en 2009.
De l’autre, comme on le verra dans les pages suivantes, le nombre de jeunes sans travail et/ou de jeunes travailleurs vivant sous le seuil de pauvreté est en augmentation considérable. Estimés par l’ONU à 300 millions aujourd’hui les jeunes seront plus de 1 milliard à vivre sous le seuil de pauvreté dans 15 ans.
Nous avons alors convenu qu’il était urgent de consacrer toute l’énergie possible pour identifier, mettre au point, accompagner des projets d’entreprises avec et pour les jeunes parmi les plus pauvres ; ceux qui par leur passé, leur condition, leur santé ou leurs souffrances n’auront jamais accès aux emplois déjà si difficiles à gagner pour les plus formés d’entre eux.
Poussés par la réflexion, l’expérience, la force et l’enthousiasme de nombreux amis et proches nous avons décidé –sans attendre- de lancer Life Project 4 Youth Foundation et d’initier les premiers programmes pilote et de développer, avec les jeunes en situation de grande exclusion, une première pépinière d’entreprises à Manille, aux Philippines.
A Manille, le dimanche 1er novembre 2009
